Bois brûlé japonais yakisugi, la méthode écologique de préserver le bois au Japon

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Ces dernières années, la décoration en bois, sous les diverses formes que peut prendre ce matériau naturel, devient de plus en plus populaire. Les objets en palette, les parements muraux en bois et le mobilier naturel font partie des décors tendance. Dans ce cadre, on redécouvre des techniques ancestrales pour travailler et conserver ce matériau, comme celle du bois brûlé yakisugi ou encore shou sugi ban. Dans cette publication, nous vous en disons plus sur ce bois et sur la technique utilisée par les Japonais pour obtenir l’aspect du bois brûlé.

Le bois brûlé japonais yakisugi ou shou sugi ban, qu’est-ce que c’est ?

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Une surface noire caractéristique du bois brûlé japonais, comme illustré par Shousugiban

La tradition japonaise dite yakisugi ou shou sugi ban date du 18ème siècle. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, le bois brûlé japonais n’est pas un type de bois spécifique mais une technique. En effet, si les spécialistes japonais préfèrent certains types de bois comme le cèdre, c’est la méthode elle-même qui est essentielle pour obtenir l’effet brûlé.

S’agissant de la méthode justement, précisons qu’elle est utilisée comme moyen de traiter le bois pour le rendre résistant. Plus précisément, la technique consiste à carboniser la surface du matériau pour en faire une sorte de charbon en profondeur. Cette technique ancestrale au Japon commence à gagner de plus en plus de popularité dans la décoration extérieure et intérieure moderne.

Le bois brûlé japonais est une tradition japonaise

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Une maison par Axis Architects et Benchmark Modern avec façade en bois yakisugi

L’effet obtenu par le processus de traitement à feu et le résultat fini (appelé yakisugi) est très caractéristique. Il  possède indéniablement un aspect très chic. Le noircissement du bois révèle ses lignes propres et distinctes et souligne sa beauté texturale inhérente.

Dans quel but est utilisée la technique yakisugi ?

bois brûlé japonais cuisine
Le mobilier intérieur en bois japonais noir est très durable et n’exige pas d’entretien spécial, c’est une des raisons ayant motivé son choix dans cet intérieur de cuisine.

L’Association japonaise de l’artisanat du bois indique que le terme yakisugi peut être littéralement traduit par l’expression « cèdre brûlé ». C’est une méthode traditionnelle pour protéger les surfaces de revêtement en bois. Ce fut le cas principalement pour le revêtement extérieur sur les maisons japonaises traditionnelles, alors qu’il n’y avait toujours aucun moyen de protection chimique du bois. Cette méthode naturelle agit en particulier pour :

  • améliorer la longévité des voies d’évitement en empêchant la décomposition du bois ;
  • empêcher infestation d’insectes et de moisissures ;
  • rendre les planches plus stables sur le plan dimensionnel et améliore le retard d’incendie.

shou sugi ban meuble interieur rangement bois noir


Le bois brûlé peut avoir une fintion plus sombre ou plus claire.

Selon cette organisation, aujourd’hui, yakisugi est également connu sous le nom de shou sugi ban. Mais, au Japon, le premier terme reste plus largement employé et plus populaie.

Avec plus de 66% du pays recouvert par des forêts, le Japon possède une grande richesse en bois. Il se range, à cet égard, en troisième place après la Finlande et la Suède. Historiquement, les constructions en bois étaient les plus répandues et les plus communes. C’est ce qui explique pourquoi la méthode du bois brûlé japonais était si importante pour le peuple de ce pays.

La tradition derrière le bois brûlé japonais

bois brûlé japonais yakisugi parement mural
Le parement mural en bois brûlé japonais s’inscrit parfaitement dans un décor naturel ou minimaliste.

Dans la procédure traditionnelle, trois planches de Sugi (cèdre) seront liées ensemble pour former un triangle. Les planches serrées, le feu est allumé sur le fond avec du papier ou des journaux. Il faut alors une minute ou deux pour que le feu prolifère, habituellement il commence à se propager assez rapidement. Le temps nécessaire pour effectuer toute la procédure dépend de la teneur initiale en humidité du bois ainsi que du degré de combustion désiré. Afin de laisser l’extérieur carbonisé de 3 à 4 mm, on comptera généralement moins de 5 minutes environ. Dans le cadre de cette méthode traditionnelle, la chaleur à l’intérieur du triangle devrait atteindre au moins 250°C. Mais elle peut tout aussi bien aller au-delà de 400°C. Après avoir atteint l’effet désiré, on ouvre le triangle et on éteint le feu avec de l’eau.

Les planches sont traditionnellement brûlées à l’extérieur. Il est important de sécher les planches de bois avant de brûler, idéalement à un peu 10-15%. Cela garantit de bons résultats dans le processus de combustion, une réduction de la déformation et une longévité accrue.

Dans le passé, la procédure était habituellement réalisée à proximité d’une source d’eau. Cela  facilitait le travail et permettait de mieux contrôler le processus. La tradition du bois brûlé yakisugi est encore pratiquée un peu partout dans le pays et, tout particulièrement à l’ouest du Japon. C’est dans la région de Kyoto qu’ elle est encore très commune. Dans ces régions, yakisugi se positionne comme voie d’évitement en bois traditionnel, standard et utilitaire, à un prix abordable et avec une longévité accrue par rapport au bois non traité.

Comment est fait et utilisé le bois yakisugi

yakisugi japon bois exterieur brule


Une maison écolo avec façade en bois yakisugi par Desai Chia Architecture, Ray Kendra de chez Environment Architects et Delta Millwork.

La technique étant devenue populaire en dehors du Japon, il existe aujourd’hui des artisans du bois qui appliquent la méthode yakisugi pour l’utiliser dans le cadre de la décoration intérieure et extérieure. A cette fin, on passe généralement par trois étapes de travail du bois :

Choisir du bois

Beaucoup de professionnels affirment que le cèdre est le matériau le plus adapté à la technique yakisugi, car c’est un bois plus léger et plus poreux. Mais ils affirment que la méthode de shou sugi ban fonctionne tout aussi bien avec du pin, de la pruche, de l’érable ou du chêne.

Brûler le bois

Pour brûler le bois, on utilise un brûleur à propane qu’on déplace petit à petit au-dessus de la surface du bois pendant 5 à 10 secondes. Cette étape est réalisée à l’extérieur ou dans un endroit bien ventilé.

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La méthode shou sugi ban peut servir pour préserver le bois naturellement et en faire des meubles pour l’extérieur ou pour l’intérieur, comme cette cuisine signée Desai Chia Architecture, Ray Kendra de chez Environment Architects et Delta Millwork.

Brosser la surface

À l’aide d’une brosse à fil standard, on retire tous les résidus. Le processus permet de révéler une couleur riche, foncée, brun-noir. C’est le point dans le processus où la texture du grain se révèle.

Nettoyer la surface

Pour nettoyer la surface, on utilise soit un compresseur d’air, soit un chiffon humide. La première option permet de gagner du temps ; avec la deuxième solution, il est nécessaire d’attendre que le bois sèche complètement avant de continuer.

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L’approche écologique est adoptée pour des façades de constructions modernes, comme dans cette maison par Sett Studio.

Traiter le bois

Une fois la pièce complètement sèche, on applique environ une huile de son choix et on la travaille dans le grain avec un chiffon. On laisse sécher, puis, on applique une deuxième couche.

Les meubles et les surfaces en bois brûlé japonais peuvent être utilisés à l’extérieur ou à l’intérieur. Si placés dans la maison, ils ne demanderont presque pas d’entretien. Pour maintenir le bois yakisugi à l’extérieur, on le traitera avec de l’huile tous les 10 à 15 ans.

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Les espaces d’inspiration japonaise, comme cette maison par Sebastian Mariscal, privilégient souvent le bois yakisugi pour des éléments de l’intérieur et de l’extérieur.